J'ai fait parvenir un texte intitulé «La pomme» dans plusieurs maisons d'éditions. Pour certaine d'entre elles, j'attends encore des nouvelles. J'ai eu par contre quelques réponses, à savoir que l'histoire aurait intérêt à être retravaillé dans la perspective d'en faire un petit roman de 2000 mots comme me le suggère Angèle Delaunois éditrice de la maison d'Éditions de l'Isatis.
«Bonjour Caroline, c'est bien mignon votre histoire de pomme et ça m'a rappelé le joli souvenir d'un de mes neveux qui avait goûté ainsi toute une provision de pommes et avait ensuite "décoré" de trognons les marches d'escalier de sa maison. Vous devriez travailler ce texte dans l'optique d'un petit roman. Il y a suffisamment de matière pour le faire. Actuellement, il y a deux histoires qui se chevauchent : la cueillette à proprement parler et l'histoire d'amour entre la pomme et le ver. Elles appartiennent à des mondes différents et ne cohabitent pas avec suffisamment d'harmonie. Par exemple, imaginez un dialogue entre l'enfant qui garde les pommes et le ver.
Partagez votre texte en chapitres, chaque fin de chapitre devant relancer le prochain. Faites un tour des éditeurs de jeunesse qui publient des romans de première lecture. Il y en a beaucoup en ce moment. Je pense entre autres à Boomerang qui publie beaucoup de titres par année. Vous auriez une chance. En ce qui nous concerne, Isatis ne publie pas de romans.
J'ai rencontré Geneviève Després à la soirée des illustrateurs. Elle sera prête en janvier ou en février à travailler sur BOULE DE POILS. Pas avant, je le crains, car elle est très demandée. Je vais vous tenir au courant de toutes façons. »
Pour sa part, Jean-Paul Tessier des Éditions de la paix m'a fait cette critique. En premier lieu elle peut sembler dur, mais en bout de ligne elle est très constructive et je vais m'y référer dans tout mon travail.
La Pomme
· Texte trop court pour la collection Envol (nous cherchons environ 2 000)
· Relations frère-sœur empreinte de violence (la sœur lance une pomme à la tête de son frère et le traite de tête de grêlon, cabochon, face de mioche...) : à éviter s’il n’y a pas de transformation psychologique du personnage, comme c’est le cas ici
· Vocabulaire à revoir en fonction de ce lectorat, car mots souvent trop difficiles
· Contenu et images pas toujours adaptés aux jeunes de 6-8 ans
· En quelques phrases seulement, on passe du narrateur « je » au narrateur « dieu » : sème la confusion
· Deux intrigues parallèles qui finissent par se rejoindre, mais qui risquent aussi de semer la confusion chez le jeune lecteur
· Caractérisation assez superficielle des personnages : on ne connaît rien d’eux
· Récit amusant, mais un peu trop simplet : imagination mal canalisée
Même dans les textes pour plus jeunes lecteurs, on veut savoir d’où viennent les personnages, pourquoi ils agissent, ce qu’ils cherchent à accomplir, quels obstacles ils doivent surmonter pour y parvenir, quelle transformation psychologique ils subissent tout au long du récit, s’ils réussissent ou non à réaliser leur objectif... Toutes ces questions sont, hélas!, absentes du récit...
· Finale qui laisse le lecteur sur son appétit
mercredi 12 novembre 2008
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